| La première activité du l'Assemblée Générale aujourd'hui fut d'accueillir les Partenaires Consultants au Chapitre. Ceux-ci participeront au Chapitre du 8 au 20 mai. Suite au mot de bienvenue du Frère John johnston, Supérieur Général, les Partenaires ont été invités à se présenter eux-mêmes à l'assemblée, donnant une brève description de leur coopération avec les Frères.
Après ces présentations, chaque Partenaire a signé le Registre du Chapitre, devenant un membre officiel du Chapitre. Ainsi, celui-ci atteignait le nombre limite de membres, 151. Au cours de ces deux semaines, les Partenaires seront pleinement intégrés au Chapitre, se joignant aux commissions qui seront mises sur pied plus tard dans la semaine.
Un des sujets de discussion que ce Chapitre Général aura à coeur de tenir est le débouché de cette association. À cause de la très grande diversité de ses applications à travers le monde, certains demandent une clarification, une vision d'avenir et une structure. Entre temps, je continuerai d'employer le mot partenaire pour désigner ces membres non Frères du Chapitre qui ont été invités à se joindre à nous pour ces deux semaines. Ils nous aideront avantageusement dans notre recherche de clarification concernant l'association.
Après la présentation des Partenaires, les Frères Adalberto Aranda et Jon Lezamiz présentèrent le rapport de la session du CIL 1999-2000 (Centre International Lasallien). Cette session était centrée sur le renouvellement de la mission Lasallienne, sous le thème "Associés ensemble pour le service éducatif des pauvres". Était inclus dans le programme deux mois d'expérience auprès des pauvres et quatre mois d'études, d'intériorisation et de vie communautaire à Rome. Trente-sept participants dont 34 Frères, 2 Soeurs Guadalupanas et un laïc. On avait proposé aux futurs Cilistes 62 projets possibles dans lesquels ils pourraient deux mois de travail en contact avec les pauvres. Des 37 participants, seuls deux Frères n'ont pas participé à cette phase du programme. Aux dires d'un participant, ce fut une expérience qui l'a complètement transformé. Une recommandation des Cilistes aux membres du Chapitre est qu'ils devraient prendre part à une expérience similaire de travail auprès des pauvres.
La dernière présentation de la journée a été donnée par le Frère Nicolas Capelle concernant les 5 colloques qui débutèrent en 1994. Le 42e Chapitre Général de 1993 avait demandé au "Frère Supérieur et à son Conseil de nommer un groupe d'experts au domaine de l'éducation qui tiendraient le rôle d'observateurs du souci éducatif au sens le plus large du mot à travers le monde pour permettre au Centre de l'Institut de développer une stratégie officielle". Muni de ce mandat, un comité fut mis sur pied pour tracer un programme qui pourrait satisfaire à cette proposition. Comme résultat de leur travail, 5 colloques ont été tenus de 1994 à 1998. Les points de convergence ont été rapportés en détail dans le n° 245 du Bulletin de l'Institut. Frère Nicolas, un des membres du dit comité, a noté les six tendances importantes auxquelles doivent faire face les éducateurs Chrétiens, les institutions d'éducation et, conséquemment, notre Institut.
La première tendance est celle des sociétés qui sont de plus en plus à la merci des corporations multinationales. "Les gouvernements nationaux ont de moins en moins de marge de manoeuvre ; la démocratie est vidée de son objet et les peuples sont à la merci de quelques financiers et joueurs masqués".
Une seconde tendance est celle de la marginalisation des populations d'immigrés. Les villes "reçoivent des migrants de l'extérieur et de l'intérieur qui arrivent au gré des nécessités sans que les autorités compétentes aient eu le temps de planifier, d'organiser les services et les structures indispensables". Des villes-frontières sont créées sans prévision de services adéquats.
Un autre tendance est celle des sociétés "qui sont obligées de tenir compte de plus en plus des individus". Certaines sociétés reconnaissent et tentent de protéger la dignité des individus, leurs choix personnels, leurs expressions, leurs désirs, leur liberté. Mais cette individualisation ne supprime pas l'attention aux besoins des autres, le besoin de chaleur et de solidarité. La tension créée entre ces deux réalités ont des conséquences positives et négatives.
Une quatrième tendance est celle des sociétés qui s'inquiètent pour la famille et ses valeurs de base. Pendant que les familles semblent partout ébranlées par le chômage, les migrations, la consommation, l'individualisme et la perte de repères éthiques et religieux, il y a aussi un effort considérable pour soutenir les familles, pour les aider et les protéger. Pendant que le rôle de la femme devient de plus en plus prépondérant. D'importantes conséquences naissent de cette discussion, développant des familles non traditionnelles. Les jeunes doivent se débrouiller, "abandonnés à eux-mêmes face aux questions structurantes de la sexualité, de l'altérité, de la construction de l'amour".
La cinquième tendance aussi soulève les tensions. Au domaine de l'éducation "les parents recherchent le meilleur pour leurs enfants. Ils demandent à l'école une instruction et une éducation de qualité". Ils demandent souvent à l'école "de jouer le rôle éducatif qu'ils n'assurent plus eux-mêmes au sein de la famille". Dans le même temps, notamment dans les régions pauvres, les chefs d'état n'investissent plus dans l'instruction primaire et se désintéressent des couches populaires dont ils ne peuvent espérer un intérêt à court terme. L'éducation des jeunes filles et des femmes est souvent sacrifiée. Un peu partout, l'école moyenne ou l'école secondaire est le maillon faible des systèmes éducatifs.
La dernière tendance renferme une dichotomie. Certains attendent "que les religions établies soient un facteur de paix et de concorde". Mais d'autres prétendent qu'il n'y a plus rien à attendre des systèmes religieux. Pour d'autres, tout est à espérer "des transformations individuelles et des réseaux de bonnes volontés qui habitent la planète... Beaucoup de jeunes, tout en restant critiques par rapport aux grands systèmes religieux traditionnels, interrogent les religions sur le sens de la vie. Seules trouvent grâce à leurs yeux les approches religieuses qui respectent l'individu et sa liberté, qui ont un minimum de contraintes doctrinales et hiérarchiques, qui s'immiscent le moins possible dans leur éthique personnelle. Cependant, les religions qui présentent des figures d'hommes et de femmes clairement donnés aux autres jusqu'au don d'eux-mêmes, fascinent toujours autant. Et des jeunes sont alors capables de les rejoindre". |