Vers la fin de l'année 1865, six Frères
français s'embarquèrent à Toulon pour l'Indochine. Ils
débarquèrent à Saïgon en janvier 1866, et reçurent la
direction du Collège d'Adran, fondu en 1861 par les prêtre
des Missions Étrangères de Paris.
De Saïgon, la renommé, des nouveau maîtres se répandit
rapidement. À l'appel du clergé et de la population, les
Frères ouvrirent des écoles à Cholon, Mytho en 1867, Vinh
Long en 1869, Bac Trang en 1869. Les autorités françaises
favorisèrent le développement en accordant des bourses aux
élèves, ce qui permit aux Frères de vivre. Mais à partir de
1879, la France avait changé de politique scolaire. Dans la
métropole, les écoles congréganistes se voyaient limitées
dans leur liberté d'enseignement, puis condamnées à
disparaître. En Indochine et dans les autres colonies
françaises, le gouvernement n'appliquait pas les nouvelles
lois d'ostracisme trais il supprimait les bourses d'études
aux élèves des écoles congréganistes. L'école d'Adran fut
fermée, faute d'argent et faute de maîtres.
En 1873, un prêtre, le P. Kerlan, ouvrit une école
charitable en faveur des enfants abandonnés dont un certain
nombre d'eurasiens. L'école portait le nom de Taberd. Après
la retraduire de l'école d'Adran, le, parents envoyèrent
leurs enfant, à récole Taberd. Les prêtres débordés, firent
des démarches pour rappeler les Frères.
En 1889, neuf Frères s'embarquèrent À Marseille. Ils
arrivèrent à Saïgon, accueillis par une foule un liesse.
L'école Taberd leur fut remise en 1890. L'année suivante, le
nombre d'élèves s'accrut, il fallut appeler cinq Frères en
renfort et ouvrir une section gratuite dans la propriété
même de Taberd. Un, école annexe fat aussi créée à Vung Tau
(Cap Saint-Jacques).
En
janvier 1896, les Frères d'Indochine furent détachés du
District des Indes pour former un nouveau District, le
District de Saïgon. Au cours de la même année, la Mission
cédait aux Frères une propriété à Thu Duc, à 12 km de Saïgon,
pour y bâtir un Noviciat.
En 1897, une deuxième section gratuite fut ouverte à Taberd.
En 1898, une école d'application pour futurs enseignants
s'ouvrit à Thu Duc, à côté du Noviciat.
Un prêtre missionnaire, le P. Armar, avait ouvert une école
pour les cela,[, sourd muets, et il en confia les garçons
air Frères. L'école établie à Lai Thiêu, fut transférée
ensuite à Gia Dinh et devint une école d'artisanat: les
petits sourd muets étaient initiés à la menuiserie, à la
.sculpture sur bois, à la cordonnerie.
En 1894, deux Frères furent envoyés à Hanoi. Ils réussirent
si bien que devant l'affluence des élèves, l'évêque dut
louer pour eux une maison plus vaste Rue Ferry, puis
finalement achète, un vaste terrain et y construire un grand
collège, avec classes, chapelle et logement pour les Frères.
L'écale fut inaugurée en 1897.
Le District comptait alors 6 maisons, 76 Frères, 17
Scolastiques et 6 Novices.
Quoique dépourvus de toute aide de l'administration
française, l'oeuvre des Frètes se développait rapidement.
A
la veille des événements de 1975, le District comptait 300
Frères et une quinzaine de Novices; les Frères dirigeaient
23 établissements, comprenant des écoles primaire,
secondaire, technique, des pensionnats pour Vietnamiens et
pour Montagnards (minorité ethnique) un centre pour aveugles
et un Institut de Pédagogie. Les mouvements d'action
catholique ou de jeunes y trouvaient un terrain favorable:
les Coeurs vaillants, la Jeunesse étudiante chrétienne, la
Congrégation mariale, le Scoutisme...À leur début, nos
écoles étaient gratuites, elles devenaient peu à peu
payantes. La tradition des Frères depuis les origines, ne
fut pourtant pas oubliée. Les pauvres avaient leur part.
Les écoles des Frère, étaient ouvertes à tous les enfants
sans distinction de classes sociales ou de religion. Si la
prière et le catéchisme faisaient parti, du programme. les
convictions religieuses de chacun étaient respectées, ce qui
explique que cette situation d'école chrétienne en milieu
non chrétien n'a jamais posé de problème aux Frères.
Les
Frères depuis 1975 : Immédiatement après la chute de
Saïgon en '75, tous les 27 établissements du Système
Éducatif Lasallien ont dû s'appelés « offert » au Nouveau
Gouvernement de HanoÏ qui ne fit que confirmer que « ce qui
est offert, est offert ! »
Cependant, les disciples de Saint de La Salle, si
profondément inspirés par l'Esprit de leur Fondateur, ont
trouvé les moyens pour se mettre au service des pauvres où
et quand ils le pouvaient. Le Frère Siméon a très bien
présenté cet « esprit de foi et de zèle », de la manière
suivante :
Tout
d'abord, nous sommes profondément reconnaissants envers la
Divine Providence pour nous avoir mis dans une situation
privilégiée pour continuer l'essentiel de la mission
Lasallienne, qui est « de donner une éducation chrétienne
aux pauvres ». Il faut regarder ceci comme un véritable
bonheur pour nous, et par les yeux de la foi nous pouvons y
trouver une meilleure occasion et une plus forte motivation
pour nous de vivre notre vocation Lasallienne.
Le fait d'avoir été dépouillés des écoles et de leur
infrastructure nous permet de consacrer plus de temps et
d'effort à embrasser sans ambages la « principale fonction »
lasallienne de l'évangélisation et de la catéchèse. Ainsi,
nous avons essayé de répondre à un des besoins les plus
urgents de notre jeunesse. Cependant, pour ce qui est des
pauvres, nous sommes complètement immergés dans le monde des
pauvres. Ces enfants les plus chéris de Dieu, se trouvent
juste à notre porte, nous n'avons pas besoin d'aller les
chercher !
Notre Mission est principalement centrée sur la catéchèse,
sur l'éducation : soutien scolaire et préparation d'un
métier, ainsi qu'à la Formation des Frères. Notre travail se
caractérise par une quasi gratuité, la souplesse et
l'abandon à Dieu.
Catéchèse
:
Presque tous nos Frères, même ceux qui ont plus de 80
ans, sont directement impliqués dans la catéchèse. Ce qui se
fait de diverses manières, tel que catéchisme en églises
paroissiales, formation catéchétique et mouvements YCS. Ceci
est aussi parfois fait, d'une manière ingénieuse , par des
cercles de Bibliques en Anglais ou en Français, par exemple.
De cette manière, nous combinons l'étude de la Sainte
Écriture avec la pratique d'une langue étrangère.
Pour s'adonner à la catéchèse, les Frères doivent
entreprendre une véritable conversion. Nos mathématiciens et
nos scientifiques, doivent mettre de côté leurs formules et
creuser les épîtres de Saint Paul. Les résultats se sont
révélés positifs.
Pour palier au manque d'instruments pédagogiques à la page,
le Frère Aloysius, ancien professeur de mathématiques,
actuellement dans ses 80 ans, a rédigé des livres de classe
et des cahiers d'exercices pour ces leçons de religion. Sa
série d'instruments pédagogiques se sont montrés très
efficaces et sont très largement utilisés.
La formation des catéchistes constitue notre effort
principal. Là où c'est possible, nous lançons des sessions
de formation pour aider ces catéchistes volontaires à
rafraîchir leur connaissances religieuses et apprendre des
moyens plus appropriés pour les présenter à leurs élèves.
Les jeunes Scolastiques Lasalliens sont très actifs dans ce
secteur. Beaucoup de rencontres de catéchistes ont eu lieu à
Mai Thon. Deux fois un de leurs groupes est allé faire un
exposé à CaMau, la plus au sud des Provinces rurales du
Vietnam, où l'on ne peut se rendre qu'en bateau.
L'enthousiasme et le zèle dont témoignent leurs rapports a
montré leur succès et leur désir de retourner dans ces
marais dépourvus de tout et éloignés.
Quelque
peu différent de la pratique des pays occidentaux : tout
ce travail est gratuit. Nous sommes heureux qu'il le soie
comme il l'était au temps du Fondateur : les bénéficiaires
n'ont rien à payer pour leur instruction religieuse.
Cours de rattrapage en Éducation professionnelle : Pour
résoudre le problème de l'inefficacité de l'enseignement
dans les écoles publiques, et aussi pour gagner un peu
d'argent pour les budgets communautaires, la plupart des
Frères sont engagés dans des cours de soutien, internats et
centres donnant des cours de Langues et d'apprentissage.
Les leçons particulières sont surtout données dans les
locaux communautaires. Les Parents sont contents et ne
craignent pas de confier leurs enfants aux bons soins des
Frères. Il existe un vaste éventail de matières, d'âges et,
tout spécialement, des programmes et des horaires très
souples. Le Frère Victor, par exemple, est capable d'établir
des cours de rattrapage pour 700 élèves à Hué, avec l'aide
de quelques volontaires et des aspirants Lasalliens.
Les élèves se tournent vers les Frères pour avoir un
environnement sûr et favorable pour leurs études. Presque
toutes nos communautés spécifient dans leur Projet
Communautaire Annuel leur désir d'établir et de se charger
d'internats. Quelques 200 internes sont actuellement logés
dans nos communautés.. De nombreuses nouvelles recrues
Lasalliennes viennent de ces « pépinières ».
Nous nous sommes également arrangés pour obtenir des
licences officielles pour quelques centres d'études de
langues et d'informatique. Jusqu'à maintenant, des milliers
ont reçus leurs diplômes d'Anglais ou de maîtrise
d'ordinateurs, grâce à quoi beaucoup de nos étudiants
peuvent trouver des emplois de qualité.
De même, avec l'aide d'amis et d'anciens élèves, des classes
d'apprentissage pour enfants de la rue ou handicapés, ont pu
être lancées. Ces cours gratuits d'apprentissage de
sculpture sur bois ou d'entretien de vélos, les aident à
obtenir quelque compétence pour gagner honnêtement leur vie
par eux-mêmes.
Formation
Lasallienne : Pleinement conscients du fait qu'un bon
nombre de jeunes gens veulent nous rejoindre, nous nous
rendons compte de notre propre responsabilité de la vitalité
de l'Institut, le Chapitre de District a établit un
vigoureux plan de formation ; maisons de formation,
l'équipes de formation et programmes ainsi que la traduction
en Vietnamien des écrits lasalliens.
Les Communauté qui gèrent des internats ont pour tâche
d'éduquer des aspirants jusqu'à ce qu'ils soient en âge de
rejoindre le postulat. C'est ainsi qu'avec notre Postulat et
notre noviciat, notre Scolasticat nouvellement construit,
constitue une complète infrastructure de formation.
Le programme de formation des aspirants, novices et
scolastiques doit être dûment révisé, de telle sorte qu'il
soit « un programme de formation complet, détaillé et à la
page ». De plus, un projet de formation de formateurs et un
statut spécial de Directeur de Formation est sur le chantier.
Cependant, pour aider nos jeunes Frères qui maîtrisent
difficilement l'Anglais ou le Français, tous les documents
de la Maison Généralice ont été traduits en Vietnamien. Un
projet visant à munir les Frères de plus de versions
Vietnamiennes des publications Lasalliennes, est en cours
d'élaboration, en vue de célébrer le centenaire de la
canonisation de notre Fondateur. Cela servira aussi
d'impulsion pour la formation permanente des Frères plus
âgés.
Défi
:
De sérieux défis nous attendent. Pour être de
niveau avec les tâches imminentes, nous devons améliorer et
mettre à jour notre compétence en bien des domaines. Un
projet de formation permanente efficace doit être mis en
place. Le manque de compétence en langues étrangères de
plusieurs de nos jeunes Frères doit être pris à bras le
corps. Les difficultés objectives ne disparaîtront pas
demain, il faut donc que les Frères renforcent leur ardeur
en étant fidèles à leur vocation Lasallienne.
Espoir : Sans attendre un meilleur environnement pour
notre travail, nous essayons de faire le mieux possible, en
faisant nôtres les mots de la Règle : « Malgré les
difficultés qu'ils rencontrent, les Frères savent, dans la
foi, que Dieu n'abandonne pas son ouvre, mais il se plaît à
la faire fructifier de jour en jour. » (R. 141)
Pour plus ample information reportez-vous à :
http://www.saigon.com/~vietedu/ |